Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Lili

Il y a quelques jours maintenant, j'ai lu dans une revue de presse un article fort intéressant. Du coup, je me suis mise à réfléchir inconsciemment à cet article. Malheureusement, je me suis vite aperçue qu'au delà de la cruauté de certains mots, c'est surtout la façon dont ils sont utilisés qui les rendent encore plus cruels.

Je ne pense pas beaucoup me tromper en disant que tous les obèses ont déjà entendu dire au moins une fois:

" maman, tu as vu la dame comment elle est grosse? " ou encore, " grosse vache " / " grosse truie " / " mammouth "  / ...... Et j'en passe encore encore et encore.

 

Nos mots, nos paroles ont souvent des répercutions que beaucoup semble oublier. Cependant, au- delà de cette cruauté gratuite, qui malheureusement semble amuser certains, il y a une personne qui souffre. Une personne qui a un coeur et qui ne demande qu'à être aimée.

Toutefois, si certains ne veulent pas être blessants, sans le vouloir, ils le sont.

Pourquoi? 

Simplement parce que la langue française est devenue si blessante que beaucoup en oublie la véritable signification du mot.

En France, et pas que, nous avons l'habitude " d'étiqueter" la personne en fonction de son état. L'identité même de la personne ne viendra que dans un deuxième temps.

Reprenons notre exemple du début de l'article:

"maman, tu as vu la dame comment elle est grosse?"  (formule 1)

A l'annonce de cette question, on retiendra dans un premier temps le mot " grosse" puis viendra l'identité, soit, " la dame".

Imaginez maintenant que l'on mette la personne avant son état cela nous donnerait:

" maman, tu as vu la dame qui souffre d'obésité?"  (formule 2)

Cette fois-ci, on retiendra d'abord que nous avons une dame qui présente une obésité.

 

Mettez-vous maintenant à la place de cette personne, celle qui est obèse, laquelle des formules vous préfèreriez entendre? Moi, sans aucunes hésitations, je prends la deuxième formule.

 

Voici d'autres exemples encore plus frappants. Pourquoi ne pas dire:

       1)  " le monsieur à l'obésité est assis sur la plage" au lieu de " le monsieur assis sur la plage est très obèse" ,

       2)  " la femme qui souffre d'obésité prenait beaucoup de place dans le bus" au lieu de " la femme obèse du bus prenait beaucoup de place."

 

identitéCertes, l'obésité d'une personne est bien réelle, mais n'oublions pas que l'identité d'une personne ne se résume pas uniquement à son état physique. En repensant notre façon d'écrire, notre façon de parler, et avec un peu d'effort et surtout une certaine habitude, nous perdrons cette sale habitude d'étiqueter les gens par leur état.

Remarquons que cette pratique est déjà bien intégrée pour les personnes qui souffrent d'autisme, de diabète ou encore, par exemple, d'un cancer.

En effet, on dira plus facilement que cet enfant est atteint d'autisme plutôt que c'est un autiste. Mais encore, on entend plus souvent dire que cette femme souffre d'un cancer du sein au lieu de dire c'est une cancéreuse.

Alors, pourquoi ne fait-on pas la même chose avec l'obésité ???

 

le poids des motsDans la société d'aujourd'hui, principalement axée sur le poids, je pense sincèrement que l'on peut parler de discrimination.

N'oublions pas que la langue française est une langue très riche mais qui a un pouvoir très puissant. Elle peut faire du bien comme elle peut faire du mal, voir très très mal.

 

Aujourd'hui, j'ai grandi. Ma façon de parler va s'en trouver changer et croyez-moi, je vais faire attention à mettre en avant l'individu plutôt que sa condition. Au début cela risque de chambouler un peu mes habitudes, mais au final, je suis certaine de faire du bien autour de moi.

 

Permettez-moi de vous demander à vous qui lisez cette article, d'essayer de changer votre façon de parler en faisant passer l'identité de la personne avant son état.

Affectueusement.

Lili.

 

 

 

 

 

        

 

 

 

 

 

 

Commenter cet article

Jessica 23/04/2017 00:33

Et bien je dirais que ton ami t'a donné un très bon conseil et que tu dois penser à toi, ton mari et tes enfants en priorité. Comme ils sont très certainement ce qu'il y a de plus important pour toi, ça devrait t'encourager à faire en sorte d'aller mieux pour eux. C'est aussi une bonne source de motivation ;)
Je ne connais pas ta vie, mais tu parais effectivement être très affectée par ton passé. Il te faudra sûrement laisser prise sur lui et le "ranger" dans un coin de ta tête pour pouvoir avancer, ou mieux, pour parvenir à te libérer de lui. Je te souhaite d'y arriver.

Jessica 22/04/2017 19:40

Bonjour Lili,
Je suis d'accord avec toi sur l'importance du choix des mots.
Quand tu dis que tu ne comprends pas pourquoi les gens parlent avec considération de personnes qui souffrent de maladies comme l'autisme ou le cancer, mais n'ont pas la même attitude vis à vis de celles qui souffrent d'obésité, c'est que malheureusement ils ne comprennent pas qu'il s'agit d'une maladie liée aux TCA. Pour eux, une personne est obèse parce qu'elle le veut bien, parce qu'elle n'a aucun respect pour elle-même pour infliger ça à son corps, etc... Ils n'ont absolument rien compris mais ne le savent pas (encore).
Ils n'ont pas compris que derrière les personnes obèses se cachent très souvent des maladies, parfois hormonales ou autres, mais très souvent l'hyperphagie. Pour faire simple, un alcoolique peut arrêter de boire, un toxicomane peut arrêter la drogue, etc... mais une personne souffrant d'hyperphagie peut-elle s'arrêter de manger ? Non. Là, on comprend que pour les personnes touchées par cette maladie, c'est horrible car il s'agit d'un combat permanent.
Peut-on changer les gens dans un monde de plus en plus dur (à mes yeux), où le respect se fait de plus en plus rare ? Comme toi, je le voudrais bien. ;)

Lili 22/04/2017 20:21

Bonsoir Jessica,
Effectivement, pour beaucoup, être gros c'est uniquement de notre faute. Mais moi, j'ai envie de dire que si je souffre d'hyperphagie c'est peut-être aussi parce que quelqu'un m'a fait du mal. Mais ça, ma famille a très bien réussi à le passer sous silence au détriment de ma santé. Ceci étant, je pense souvent à ce qu'un ami m'a dit un jour: "Le passé est derrière. Ne te retourne pas, n'oublie pas, et essaye d'avancer".
Aujourd'hui, c'est ce que j'essaye d'appliquer. Ne pas me retourner, ne pas oublier, et surtout, oui surtout, me reprendre en main pour vivre pour moi et avec mon mari et mes deux enfants. Je sais que la route est longue, mais les portes de l'avenir se rapprochent de plus en plus.
Je te remercie de ton commentaire car il semblerait que nous ayons la même façon de penser, et je sens dans tes paroles qu'enfin quelqu'un arrive à comprendre ce que je ressens.
Merci infiniment de ton soutien.
Tendrement .
Lili.